Un combiné de la levada nova et de la levada do moinho

En feuilletant le guide Rother, je suis tombée sur cette description : charmant circuit sur deux levadas à travers la vallée de la Ribeira da Ponta do Sol. Description accompagnée d’une photo de la jolie chapelle du Saint-Esprit, point de départ de la balade. Un coup d’œil au dénivelé (110 mètres), à la longueur (9 km) et aux commentaires, m’a convaincue que c’était une rando pour nous. Surtout quand j’ai lu « apporter une lampe de poche pour le tunnel et un ciré pour la cascade ». Chouette !!!

Le seul doute portait sur le risque de vertige. Le Rother classe cette randonnée en noir (difficile) en partie à cause de passages vertigineux non sécurisés.

En arrivant à Lombada da Ponta do Sol, on a d’abord du mal à trouver le départ. Il y a des travaux, une déviation et le GPS est perdu. On arrive finalement à repérer la chapelle et l’imposant manoir rose à côté. C’est parti !

La balade commence par une montée raide, mais de seulement 500 mètres, sur la route. Ça chauffe les mollets dès le début ! Ensuite, on marche à plat le long de la levada nova, en admirant la vue sur la vallée de la Ribeira da Ponta do Sol.

Il est vrai que le chemin n’est pas large – tout au plus 40 cm – mais, grâce aux câbles qui bordent le précipice, la sensation de vertige ne se fait pas trop sentir.

On arrive enfin au tunnel. On sort les lampes. Même s’il fait 200 mètres de long, on voit la sortie et il est assez haut de plafond, donc j’arrive à gérer. Entre Laurent qui a le vertige et moi qui suis claustrophobe, c’est pas tous les jours facile 😅

À la sortie du tunnel, la surprise ! On découvre une belle cascade qui se fracasse à grand bruit au pied de la levada. Le chemin passant derrière, il faut se mouiller un peu et ce n’est pas pour nous déplaire car il fait chaud.

À cette saison, pas la peine de sortir les K-ways. En passant vite, on ne se mouille pas trop.

Un peu plus loin, on descend un escalier pour atteindre la levada do moinho. On la remonte jusqu’à sa source, c’est à dire jusqu’à une autre chute d’eau qui se jette dans la rivière et alimente la levada au passage. Des tables de pique-nique en pierre nous tendent les bras pour une pause déjeuner, à l’ombre des lauriers géants, à côté de la cascade.

On voit le début de la levada do moinho à droite

Nous repartons vers notre point de départ, en longeant cette fois la levada do moinho, ou du moulin en français. Ce canal alimentait un moulin à sucre, aujourd’hui détruit, situé à côté de la chapelle. Le chemin est légèrement en pente et le débit de l’eau est beaucoup plus rapide que dans les autres levadas. Il fallait de la puissance pour faire tourner la roue du moulin !

On se range sur le côté de la levada pour laisser passer des gens. Ce sont des français de Clermont-Ferrand. Ils ont remarqué le maillot du Stade Rochelais de Laurent et, après avoir parlé rugby, Laurent remarque la casquette Macif du monsieur ! Un collègue ! On discute une quinzaine de minutes, on échange quelques conseils pour visiter l’île, puis chacun poursuit son chemin. Sympa 🙂

Cette vallée est beaucoup moins sauvage que celle de la Ribeira da Janela. Il y a des habitations et d’anciens poios, ces cultures en étages typiques de Madère, mais la plupart sont abandonnés et la nature y a repris ses droits.

L’arrivée est proche, on aperçoit la chapelle

Cette randonnée nous a beaucoup plu. Bien que l’environnement soit moins sauvage que sur le plateau de Rabaçal où le nord de l’île, les paysages sont intéressants et, surtout, elle est ludique avec son tunnel et ses deux cascades. Personnellement, je la classerais bien parmi les meilleures randos de l’île. Et puis c’est une boucle et il n’y en a pas tant à Madère.

Pour retourner vers Calheta, au lieu de prendre la route rapide, on passe par l’ancienne route côtière. Entre les vues sur l’océan, les plages, les vieux tunnels envahis de végétation et les cascades qui tombent sur la route, cet itinéraire bis est ravissant. On a même eu un lavage de voiture gratuit !

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