Balades à Lanzarote pour un dernier jour

Voilà, les vacances touchent à leur fin. Comme s’il était triste pour nous, le ciel est gris ce matin et il tombe même quelques goutes pendant qu’on fait nos valises. La question qui occupait notre esprit depuis hier soir trouve donc sa réponse : aujourd’hui ce sera pantalon et pas short donc pas besoin de se changer à l’aéroport ce soir !

Las Grietas volcanicas

Littéralement, « grieta » se traduit par craquelure. Nous qui avons adoré les slots canyons aux États-Unis, on a espoir que cette balade nous plaise.

On se gare sur un dégagement en bord de route, on grimpe un peu sur le flanc de la montaña blanca (à ne pas confondre avec la caldera blanca) et on trouve ces mini canyons, tout en ondulations, formés par l’érosion. Plus on avance vers le volcan, plus les parois sont hautes. Certaines grietas sont plus étroites que d’autres, c’est assez marrant de partir en exploration dans ces failles très photogéniques.

Pour trouver cet endroit, il faut prendre la route LZ 35 entre Tias et San Bartolomé. Un dégagement sert de parking, il faut traverser la route à pied et monter en direction des pylônes électriques (dit comme ça ce n’est pas sexy !). Voilà le point GPS : 28°58’24.8″N 13°38’09.4″W

Casa museo del campesino

La Casa-museo del campesino et le monument à la fécondité sont un hommage du duo d’artistes César Manrique et Jésus Soto aux paysans de Lanzarote. Le monument de 15 mètres de haut est un rappel des traditions agricoles insulaires et un hommage au travail acharné que doivent fournir les agriculteurs pour dompter la terre volcanique. Il est constitué de vieux réservoirs d’eau métalliques et représente un paysan avec ses fidèles compagnons de labeur : un âne et un chameau. C’est tellement évident que si je ne l’avais pas dit, je suis sûre que vous auriez reconnu chacun des protagonistes de ce monument ?

Le musée est un joli ensemble de bâtiments conçus suivant les traditions locales : murs blancs, portes et fenêtres peintes en vert, hautes cheminées… Il accueille plusieurs ateliers d’artisans et un restaurant au sous-sol (réservé aux groupes je crois).

Arrecife

Je ne vais pas vous écrire un roman sur la capitale de Lanzarote. On n’a pas aimé ! Pour la dernière visite de notre semaine de vacances, c’est la déception. La moitié des magasins est à vendre ou à louer, les maisons sont délabrées, c’est assez sinistre !

On a hésité à déjeuner sur le Charco à Arrecife ou sur les hauteurs de Las Valles, alors en découvrant Arrecife, on se félicite d’avoir opté pour le restaurant Mirador de Las Valles !

Quelques photos quand même pour me faire mentir :

La restitution de la voiture chez Cicar est nettement plus rapide qu’à l’arrivée : 5 minutes à peine ! Volotea est toujours aussi irréprochable niveau ponctualité. On part à l’heure et on arrive à Bordeaux avec 10 minutes d’avance, de beaux souvenirs plein la tête et quelques coups de soleil sur le nez !

LagOmar, Teguise et Caleta de Famara

Ce matin commence comme tous les autres matins. Avec un petit-déjeuner en terrasse, au soleil. J’aime le mois de février à Lanzarote !

C’est tellement agréable de prendre son temps le matin que nous ne partons jamais avant 10h30. Ce matin nous allons visiter le musée LagOmar à Nazaret. LagOmar est une maison imaginée par César Manrique. Je ne vous ai pas encore trop parlé de lui et pourtant il a marqué profondément et à jamais l’architecture et l’esthétique de Lanzarote. Il est à l’origine de nombreux sites artistico-touristiques et il a réussi à passer un accord avec le gouvernement local pour préserver Lanzarote de la folie des promoteurs afin qu’aucune construction ne dépasse 3 étages (c’est le cas partout sauf à Arrecife et Puerto del Carmen) et que toutes soient blanches. L’homogénéité des habitations et l’absence de hauts immeubles contribuent grandement à la beauté des paysages et ceci grâce à César Manrique.

LagOmar a été construite dans une ancienne carrière, sur le flanc d’un volcan. Manrique a voulu tirer parti des formes de la paroi pour y intégrer la maison, utilisant les cavités existantes pour y créer les pièces et les jardins. Et c’est très réussi ! Le mariage de la roche ocre, du blanc de la maison et du vert des plantes est fascinant. Le bassin vient ajouter la touche de bleu offrant un miroir au ciel. L’endroit est assez poétique.

La légende dit que cette demeure aurait appartenu à Omar Sharif. Il tournait un film à Lanzarote, serait tombé amoureux de la maison et l’aurait perdue au bout de seulement une journée en la jouant au bridge. L’acteur a démenti avoir jamais acheté LagOmar. Le promoteur aurait inventé cette histoire pour faire le buzz et attirer des acheteurs. Il y a quand même la salle de jeu où la partie de bridge a eu lieu.

Je me verrais bien y vivre…

Teguise, l’ancienne capitale de Lanzarote

Attaquée et pillée par les pirates, réduite en cendres par les Berbères, Teguise a cessé d’être la capitale de Lanzarote en 1852. Arrecife lui a été préférée car, située en bord de mer, elle était plus appropriée pour le développement commercial. Ses ruelles bordées de maisons blanches aux portes et fenêtres peintes en vert confèrent un charme authentique à cette petite ville de Teguise. C’est un plaisir de se balader au hasard des rues. J’adore toutes ces vieilles portes colorées et rues pavées.

Je voulais déjeuner chez Ikarus ce midi mais le resto est fermé pour vacances. On se rabat sur celui d’à côté, la Bodega del medio, pour un repas de tapas : jambon ibérique, patates canariennes avec leur sauce mojo et boulettes de viande.

Mirador de las nieves

Sur les hauteurs de Teguise, on trouve la ermita de las nieves, une chapelle érigée à l’endroit où la vierge serait apparue à un berger. Il neige extrêmement rarement ici et la Virgen de las nieves (Vierge des neiges) est plutôt invoquée pour faire tomber la pluie propice aux récoltes. La vue depuis le haut de la falaise embrasse la côte du village de Caleta de Famara jusqu’à l’île de la Graciosa. On est ici à plus de 600 mètres d’altitude, l’un des points les plus hauts de Lanzarote, et le vent souffle si fort qu’on a du mal à ouvrir les portières de la voiture !

Allons voir maintenant le village de Caleta de Famara que l’on voit en bas.

Caleta de Famara

Situé au pied de l’escarpement « Risco de Famara », Caleta est le royaume du surf ! Il se dégage une ambiance très roots et cool de ce village dont les rues sont envahies par le sable. Avec ses petits bateaux de pêche et ses maisons blanches malmenées par les embruns et le vent, on pourrait se croire dans un village de la côte marocaine.

De nombreuses écoles de surf jalonnent la rue principale. La plage est pleine de surfeurs et les parkings sont pleins de fourgons aménagés sur lesquels sèchent les combinaisons et les planches. Vu les rouleaux énormes que forme la mer et les drapeaux rouges qui alertent, Caleta n’est pas une plage pour la baignade !

Le parc national de Timanfaya et la caldera blanca

Ce matin, nous avions prévu de faire la randonnée qui fait le tour de la caldera blanca mais le parc national des volcans ferme tôt, à 15h45. Donc on décide d’inverser les visites et de commencer par le parc de Timanfaya pour aller voir les fameuses Montanas del fuego. Quelques voitures nous précèdent et il faut attendre que des voitures sortent pour pouvoir entrer à notre tour. Nous n’attendons pas très longtemps et à peine 15 minutes après notre arrivée, on peut accéder au parking.

La visite du parc national se fait uniquement en bus. Un guide du parc nous indique un bus prêt à partir mais on n’a pas envie de prendre les dernières places restantes qui sont éparpillées dans le bus. Nous le laissons partir et sommes aux premières loges pour choisir nos places dans le bus suivant. On se place à l’avant et à droite, ce qui semble la meilleure option d’après les avis que j’ai lus. Les paysages volcaniques sont de toute beauté mais il est très frustrant de ne pas pouvoir descendre du bus de temps en temps pour contempler ce panorama exceptionnel. Le chauffeur marque juste quelques arrêts sans possibilité de sortir. C’est donc à travers les vitres qu’il faut se contenter d’observer le paysage. Et c’est vraiment très très beau. Tellement beau que j’ai eu beaucoup de mal à faire une sélection restreinte de photos !

Une photo moche, prise à la volée, avec le reflet du conducteur, mais qui montre bien la route fabuleuse qui traverse les volcans :

Les volcans de la zone de Timanfaya sont parmi les plus récents de Lanzarote. Ils sont issus des éruptions qui se sont succédées entre 1730 et 1736. « Le 1er septembre 1730, entre les neuf heures et les dix heures du soir, la terre s’ouvrit à Timanfaya, à deux ligues de Yaiza… et une énorme montagne s’éleva du sein de la terre » raconte le curé Lorenzo Curbelo dans son journal.

L’islote de Hilario est une zone active où la température atteint 250° en surface et 600° en profondeur. Lorsqu’un guide prend au sol du lapili qu’il nous dépose dans la main, on le jette presque aussitôt tellement c’est bouillant !

Les démonstrations organisées devant le restaurant prouvent à quel point la chaleur est intense : les broussailles déposées dans un creux s’embrasent spontanément et l’eau versée dans un tube provoque instantanément un geiser. C’est impressionnant.

On aurait pu commencer par ça mais on aime bien faire les choses à l’envers donc c’est seulement maintenant que nous allons visiter le centre d’interprétation des volcans. La visite est gratuite et pas mal faite. Je m’attendais à ce que le musée traite uniquement des volcans de Lanzarote mais il aborde les phénomènes volcaniques du monde entier, avec quand même une prédominance sur les volcans des Canaries.

On visualise bien l’ampleur des éruptions de 1730-1736, puis 1824, sur les cartes. Trente volcans sont sortis de terre. Dix villages ont alors disparu. Les terres fertiles et cultivées ont été ensevelies par la lave à l’ouest et par la cendre et le lapili à l’est.

La caldera blanca

Nous partons nous attaquer aux 9 kilomètres et 400 mètres de dénivelé de la caldera blanca, après un pique-nique au soleil sur un banc de l’ermita de las dolores à Mancha Blanca. Cette chapelle a été érigée à l’endroit où la lave se serait arrêtée, au pied des villageois qui faisaient une procession pour prier afin que la lave n’atteigne pas les maisons du village. Une jolie légende.

C’est parti pour la randonnée vers la crête de la caldera blanca. La marche d’approche n’est pas palpitante et un peu longuette. On marche dans de la caillasse grossière avant d’arriver au cratère de la montaña caldereta. Ensuite commence l’ascension vers la caldera blanca. On tâtonne un peu pour trouver le bon chemin. Il y a un départ vers la droite du volcan et un autre vers la gauche. On opte pour le chemin de gauche, réputé plus facile.

Au sommet, on domine le cratère de 300 mètres de haut et plus de 1000 mètres de diamètre. La force du vent oblige à enfiler un sweat et à se mettre à couvert ! Et encore, aujourd’hui il ne souffle qu’à 20/30 km/h mais les rafales au point le plus haut sont redoutables.

Du haut des 460 mètres de la Caldera blanca, la vue porte jusqu’à l’océan Atlantique d’un côté et aux volcans du parc de Timanfaya de l’autre.

C’est une chouette randonnée avec de chouettes paysages. On a réussi a la boucler en 2h40 (nombreuses pauses photo comprises) !

Au retour vers la maison, nous faisons un détour sur la route des vins. Les vignes abritées dans leurs trous protégés d’un muret offrent un paysage unique. Un arrêt à la Bodega la Geria pour acheter leur vin blanc sec bio et nous sommes parés pour la soirée ?

Playa del Papagayo et los Charcones

Vamos a la playa !

A l’extrême sud de Lanzarote, se trouve la station balnéaire de Playa Blanca et tout un chapelet de plages au sable blond. On aurait pu aller à Papagayo en voiture par une piste un peu cabossée mais on choisit plutôt de se garer à côté de l’hôtel Sandos Papagayo beach d’où part un sentier pédestre qui longe les plages jusqu’à la pointe Papagayo. Le chemin descend d’abord sur playa Mujeres.

En remontant la falaise, on aperçoit une mini plage où cohabitent textiles et nudistes. Au loin, on devine les reliefs de l’île de Fuerteventura à 13 km des côtes de Lanzarote. On arrive ensuite à la playa del Pozo, puis à la playa de la Cera.

Et enfin la fameuse Playa del Papagayo, qui est bondée de monde alors que les autres sont quasiment désertes. Dur d’être célèbre ! Cette pauvre plage est obligée d’endurer tous ces corps tout blancs (ou rouges) alors que ses voisines sont plutôt tranquilles.

Quoi qu’il en soit, ces plages sont magnifiques et l’eau donne vraiment envie d’y plonger. On est trop frileux pour s’y baigner… la mer n’est qu’à 18 ou 19° en février mais quelques courageux n’hésitent pas.

Pour déjeuner, on traverse toute la station de Playa Blanca qui est très étendue. Le Chiringuito Tropical offre un cadre très plaisant mais je crois qu’ils servent les pires hamburgers que nous ayons mangé !

Los Charcones

Notre objectif de l’après-midi est d’aller voir les piscines naturelles formées par les coulées de lave. Pour cela, le repère est un hôtel abandonné, commencé mais jamais terminé. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer la présence de cette verrue visible à des kilomètres à la ronde : désengagement de l’un des associés, absence de permis de construire, mauvais endroit pour implanter un hôtel avec un golf (tu m’étonnes !)… En tout cas, certains ont profité de l’opportunité en squattant les chambres et en y installant même des portes et volets.

Une piste caillouteuse mène à cet hôtel Atlante del sol. Normalement nous n’avons pas l’autorisation de rouler sur ce genre de piste avec la voiture de location mais en roulant doucement ça passe sans problème. Cela dit, on préfère s’arrêter et se garer une centaine de mètres avant l’hôtel, avant un passage avec de grosses pierres qui risqueraient de cogner le dessous de la voiture.

Attention, la baignade à marée haute est très dangereuse ! Certaines vagues envahissent les piscines et les courants sont très puissants.

Sur la route du retour, nous nous arrêtons aux salines de Janubio, qui sont toujours en activité, puis dans le village tout blanc de Yaiza.

Et nous prenons la route des volcans pour rentrer à Playa Honda.

Los Hervideros et El Golfo

Direction la côte ouest aujourd’hui. La route côtière est fermée pour travaux (elle s’est effondrée dans la mer) et le parking est fermé aussi mais on peut accéder à los Hervideros en stationnant au bord de la route. Il faut faire attention à ne pas mettre les roues dans le malpais. Cette étendue de lave pétrifiée, bien rugueuse et irrégulière, est coupante (mon mollet gauche en a fait la douloureuse expérience) !

La balade de los Hervideros consiste à longer la falaise basaltique creusée par les vagues puissantes de l’Atlantique. À marée haute, le souffle des vagues quand elles s’engouffrent dans les cavités qu’elles creusent petit à petit dans la falaise est impressionnant.

En remontant vers El Golfo, un arrêt s’impose au pied de la montaña Bermeja. Une lagune d’eau de mer fait un beau premier plan à ce petit volcan rouge qui fait face à l’Atlantique.

Depuis le village de pêcheurs de El Golfo, un itinéraire de randonnée longe la côte avant de revenir vers le village par les volcans (itinéraire surligné en rouge sur la carte ci-dessous). Une rando de 8 km qui démarre par un sentier caillouteux dans le champ de lave des volcans du parc national de Timanfaya et permet ensuite d’accéder à la plage de sable noir del Paso. C’est la seule randonnée que l’on peut faire en autonomie dans le parc de Timanfaya ; les autres sont obligatoirement accompagnées par des guides du parc national. Et même sur cet itinéraire autorisé, les gardes patrouillent pour veiller à ce qu’aucun randonneur ne sorte des chemins balisés.

En remontant de la plage, le chemin devient une piste beaucoup plus praticable et qui offre une belle vue sur la chaîne des vieux volcans au sud du parc national et sur le village de El Golfo.

El Charco de los Clicos (lago verde)

À l’entrée du village de El Golfo, se trouve un lieu hautement touristique : El Charco de los Clicos, ou en français, la lagune verte. Attaquées par l’océan, les roches poreuses du volcan se sont érodées et l’ancien cratère a été partiellement comblé par le sable, ce qui a créé une retenue d’eau qui se remplit par infiltration à marée haute. La couleur verte de la lagune est due au développement d’une algue et à la forte teneur en sel de l’eau. Le paysage polychrome est magnifique. Le vert, les variations de bleus, le rouge, l’ocre, le noir… wahou !

L’accès à la lagune est interdit et un belvédère a été aménagé pour observer sans dénaturer ce site. Quant à la plage qui se trouve juste à côté, on peut normalement y aller mais le tournage de la série Foundation en a pris possession et un vigile nous dissuade gentiment mais fermement de passer.

La journée se termine de la même façon que les précédentes : avec un verre de vin de Lanzarote à l’apéro !