Cornacs et Khamus

Ce matin, on fait grasse mat’
Avec Laurent, on se lève avant les enfants pour aller faire un tour dans le village et au marché. Il n’y a pas un touriste, c’est paisible.
On trouve de tout ici, de la couenne de porc séchée (avec les poils !!! Beurk), du crapaud grillé et même de la Vache qui rit conservée sur une étagère (pourquoi s’embêter à la mettre au frigo !)
L’anglais est parfois approximatif… Allez houst !!
On traverse ensuite le Mékong en pirogue pour aller au Elephant Park, un sanctuaire géré par un groupe français qui tente de sauvegarder les éléphants d’Asie et d’éduquer les salariés à la préservation de l’environnement. Pour l’instant, ils n’ont que trois éléphants à eux et un en location. Ils aimeraient en acquérir davantage mais un éléphant coûte 50 000 $, c’est un sacré budget. Et en plus de l’éléphant, il faut payer le salaire du cornac qui s’en occupe.
Autrefois appelé le Royaume du million d’éléphants, le Laos n’en compte aujourd’hui plus que 500 environ, même si les chiffres plus ou moins officiels annoncent 1500. Ici, ils ne sont pas chassés pour les défenses car elles sont souvent très petites, mais pour leur peau et leur sang que les chinois convoitent pour améliorer leur libido ou guérir le cancer. Encore des conneries qui risquent d’éradiquer une espèce !!

On passe un moment avec les trois éléphantes, le mâle ayant été mis à l’écart momentanément pour cause de musth et donc d’agressivité potentielle. On leur donne des bananes dont elles raffolent, puis on les suit jusqu’au bord du Mékong pour le bain.

Avec notre hôtel, le Pakbeng lodge, en arrière plan :
Ici, pas de promenade à dos d’éléphant à la chaîne, pas de persécution, les animaux vivent en paix. Car, avant de monter sur le dos d’un éléphant, il faut que vous sachiez que dans beaucoup de camps, les animaux ont été dressés d’une manière qui s’apparente à de la torture, en subissant un rituel qui s’appelle le Phajaan. Cela consiste à « briser » l’éléphanteau pour qu’il perde son instinct sauvage et qu’il obéisse aux ordres comme un robot. Selon la croyance qu’on peut séparer l’esprit du corps, les éléphanteaux sont enfermés et attachés dans des cages exiguës, privés de nourriture, puis torturés à coups de piques pendant plusieurs jours. L’animal ressort soit mort soit complètement soumis et empreint de la peur de l’homme. Il est alors prêt à être dressé pour les travaux en forêt ou pour amuser les touristes. La plus vieille des éléphantes (48 ans) a subi ce genre de dressage pour effectuer des travaux en montagne et elle est en effet beaucoup plus docile et abîmée que la plus jeune (25 ans) qui a son petit caractère et amuse la galerie. D’ailleurs, elle se mouche sur moi au moment où je lui donne ses bananes ; je suis crépie de morve d’éléphant !!

Après le déjeuner, nous partons avec notre guide et deux accompagnateurs locaux pour une randonnée dans la jungle jusqu’à un village Khamu. Léo et Axel, ayant entendu qu’il y a des sangsues dans la forêt, préfèrent rester à l’hôtel avec leurs copains. Encore une fois, ça grimpe, ça glisse, il fait chaud, c’est dur, mais c’est beau !
L’humidité et la pénombre qui règnent dans la forêt favorisent la présence de sangsues de terre qui nous grimpent dessus. Il faut être vigilant pour les virer de nos chaussures avant qu’elles n’atteignent la peau pour nous vider de notre sang ! On se sent comme des aventuriers !

Au bout du sentier, nous arrivons au village. S’en suit une nouvelle séance de frisbee avec les enfants qui sont très réceptifs. J’ai vraiment eu une bonne idée en emmenant ces trucs ; ça ne prend pas beaucoup de place dans les valises, ça permet de créer un échange sympa et de faire plaisir aux petits en leur offrant autre chose que des stylos.
La journée se termine autour d’un lao lao coco, la pina colada à l’alcool de riz, avec un beau soleil couchant sur le Mékong.

Rencontre avec les Bushmen dans l’Erongo

Ça caille un peu sous le boma ce matin pour le petit-déj !

Mais il y a de jolis oiseaux. Des Rosy-faced lovebirds.

Après un bon café accompagné d’œufs brouillés et bacon, nous allons nous balader à Bulls Party, toujours sur la propriété d’Ameib Ranch. Il s’agit d’un amoncellement de boules de granite. Un peu grosses pour une partie de pétanque tout de même ! La balade est très agréable et, en chemin, on croise de nouveau des girafes et un girafon caché dans la végétation. Ça fait tout drôle de rencontrer ces grand animaux quand on est à pied !

Ensuite nous allons explorer Philip’s Cave, une petite grotte nichée dans la falaise, qui abrite des peintures rupestres faites par les Bushmen, dont deux éléphants blancs. L’un est un peu effacé mais on voit encore bien le second ainsi qu’une girafe et une scène de chasse. Là aussi la vue sur la savane est sympa. Par contre, ça se mérite ! La grimpette est un peu raide à travers les rochers et il commence à faire chaud.

Philip’s cave : au quatrième rocher tout là-haut, tournez à gauche !

On quitte Ameib Ranch, qui nous a enchantés, vers 11h pour juste 1 heure de route vers la ferme Omandumba. On pique-nique sur notre terrasse face à la savane et aux monts Erongo, puis nous allons à la rencontre du peuple San, les Bushmen.

Une famille (grande famille !) nous montre le mode de vie ancestral de ce peuple de chasseurs-cueilleurs. Aujourd’hui, plus aucun Bushman ne vit comme cela mais les anciens tiennent à ce que les nouvelles générations n’oublient pas les traditions et continuent de transmettre leur philosophie de vie. Pour montrer leurs savoir-faire et les enseigner aux jeunes, des démonstrations ont lieu dans plusieurs endroits du pays sous la forme de « living museums ». On nous montre donc comment faire du feu avec deux morceaux de bois (en 2 minutes chrono !), comment fabriquer un piège pour chopper des pintades, un autre piège pour les antilopes, la chasse au tir à l’arc, la fabrication de bijoux en coquille d’œuf d’autruche, et enfin deux petites danses pour célébrer la pluie et la première chasse fructueuse d’un jeune Bushman.

Tout est expliqué en anglais par un homme de la famille mais lorsqu’ils parlent entre eux, on entend les fameux kliks. Cette langue est impénétrable pour nous.
Ces hommes et ces femmes quittent leur costume en fin de journée mais on sent que, bien que la modernité les ait rattrapés, ils font corps avec la nature, la comprennent et en tirent parti mieux que quiconque. Comme la plupart des namibiens, d’ailleurs, qui ont grandi avec l’idée que la nature ici est tellement immense, pure, puissante et utile qu’elle représente une richesse qui mérite un grand respect.

En fin de journée, Léo a eu droit à sa première leçon de conduite sur la piste de la propriété d’Omandumba… avec volant à gauche en plus ! Bon, c’est pas gagné pour la conduite accompagnée l’an prochain mais il a quand même su gérer deux virages (en première car le passage en seconde était trop compliqué) !

Sur la piste, ce panneau n’annonce pas un danger pour moi mais que de l’espoir :

On apprécie de se poser un peu après près d’une semaine de circuit à un rythme soutenu. Un apéro face à la savane au soleil couchant, c’est une magnifique récompense qui ponctue un magnifique voyage dans une ambiance africaine très cool. Les namibiens sont souriants et très sympas, nous adorons ce pays.

Au dîner, tous les clients mangent à la même table avec le nouveau patron de la ferme. Heureusement que des Suisses allemands parlent un peu avec nous parce que tous les autres, y compris le patron, parlent en allemand et forcément on ne comprend rien. Pas très convivial pour nous du coup !

Cascades et Sasaks

Les cascades, vous savez ce que c’est. Mais les Sasaks ?

Il s’agit de l’ethnie la plus représentée à Lombok. Les sasaks sont en grande majorité musulmans et vivent principalement de l’agriculture (riz, tabac). Ils pratiquent un islam modéré (par exemple, ils ne font que 3 prières au lieu de 5 par jour) et pourtant, Lombok est surnommée l’île aux 1000 mosquées. Les coupoles et minarets émergent partout, partiellement masqués par la végétation. Il doit y avoir autant de mosquées à Lombok que de temples à Bali, c’est à dire beaucoup !

Voilà pour l’intro culturelle. Maintenant, place au récit de la journée.

Nous partons à 8h30 de l’hôtel en compagnie de nos guides, Nathalie et David. La route côtière est splendide à partir de Senggigi jusqu’au nord de l’île. Nous longeons de belles plages bordées de cocotiers et traversons plein de villages où se tiennent des marchés. Puis la route s’éloigne de la côte et nous entamons la montée sur le flanc nord du Mont Rinjani, le volcan de Lombok. Actif et aussi haut que le Mont Fuji au Japon (plus de 3700 mètres), il est presque constamment auréolé de nuages et ses pentes sont très fertiles.

A Senaru, nous empruntons un sentier qui s’enfonce dans la jungle afin d’atteindre deux magnifiques cascades : Sendang Gile et Tiu Kelep. Le chemin en pavés alterne entre escaliers, passerelle sans garde-fou au-dessus d’une gorge profonde, passages dans la rivière… la balade est géniale, un vrai régal ! A un moment, on suit un canal d’irrigation qui emmène l’eau de la montagne dans les rizières situées plus bas. On entend des oiseaux, des singes qu’on distingue dans les arbres au-dessus de nos têtes, le clapotis de l’eau et le bruissement des cascades. Un régal je vous dis !

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Je sais, la photo au-dessus est floue. Mais je réclame votre indulgence car avec les pieds dans l’eau (très fraîche), le courant, les galets glissants, les chaussures dans une main et l’appareil photo dans l’autre, pas facile de stabiliser !

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On atteint la première cascade en 20 minutes environ.

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Puis la seconde cascade, plus haute, encerclée par les falaises de pierre volcanique et la végétation. A notre arrivée, des courageux se baignent dans la piscine naturelle formée par la cascade. Vite refroidis, ils n’y restent pas longtemps ! Nous, sans nous baigner, nous sommes trempés quand même tellement la chute est puissante et nous envoie ses embruns. D’ailleurs, il est difficile de prendre des photos car l’objectif de l’appareil est vite moucheté de gouttelettes d’eau.

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Cette très belle balade, d’environ 2 heures aller-retour, nous a ouvert l’appétit. On déjeune dans un restaurant avec vue panoramique sur les rizières d’un côté et la première cascade de l’autre.

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Nous faisons un bref arrêt pour voir la plus ancienne mosquée de Lombok. Rien à voir avec les mosquées actuelles ! Elle est entièrement en bambou, y compris le toit, et entourée de jolies rizières dans lesquelles le ciel et les cocotiers se reflètent.

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Vient maintenant le moment du voyage que Léo et Axel attendent impatiemment depuis longtemps. Nous allons rendre visite à des villageois sasaks qui voient passer peu de touristes. Les rues du village sont en terre battue et la plupart des maisons en bambou. Il n’y a qu’un seul point d’eau au centre du village. Les enfants déambulent pieds nus au milieu des poules et des chèvres. Le chef du village n’est pas présent mais un autre homme nous accueille pour nous montrer fièrement son village.

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L’homme qui nous guide nous propose d’entrer à l’intérieur d’une maison. Il s’agit de la cuisine du village. Il y a, au milieu de la pièce, un grenier à riz qui sert aussi parfois de chambre nuptiale ! Son emplacement, isolé au centre de cette maison où personne n’habite, permet aux jeunes mariés d’avoir un peu d’intimité. Ici, la plupart des habitations abritent plusieurs générations et il doit être parfois difficile de s’isoler…

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Le plus petit des enfants a une bouille toute ronde trop craquante. A chaque fois que Laurent le prend en photo, il veut voir le résultat sur l’écran de l’appareil. Il est trop mignon.

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Le grand-père chique un espèce de mélange de tabac et je ne sais quoi d’autre. L’intérieur de sa bouche est tout rouge et il l’ouvre bien grand rien que pour nous ! Quelle chance !
Je remarque qu’il a les yeux bleus. Ça doit être très rare. Ou alors il a un problème. Tous les indonésiens que nous avons croisés ont les yeux foncés.

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A la recherche des poux !

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Comme nous avons apporté des stylos, des crayons de couleur et des petites voitures que les garçons ont voulu donner, on nous propose d’aller à l’école pour les offrir aux enseignants. Nous sommes accueillis très gentiment. Nous nous asseyons avec les instituteurs. Ils sont 8 pour 65 élèves et n’ont classe que le matin ! Nous discutons un moment avec eux et ils nous prennent en photo avec leurs téléphones, en souvenir de notre visite. C’est marrant car les enfants du village nous ont suivis et ils essaient par tous les moyens de voir par les fenêtres ce que nous faisons et surtout ce que nous avons apporté.

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Le sous-chef du village tient à faire une photo souvenir avant que nous ne repartions. On s’exécute avec plaisir.

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Cette dernière visite a été forte en émotions !

Sur le trajet retour, nous passons par la montagne et nous arrêtons dans la forêt des singes. Un bébé macaque tête sa mère l’air de rien. Un gros mâle tente d’agresser Léo sans raison ! Ils sont teigneux ces singes !

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Pour le dernier dîner du voyage, nos gentils organisateurs ont prévu de nous emmener dans un restaurant de poissons et fruits de mer au sud de Senggigi. Nous aurions préféré choisir librement notre dernier resto mais prenons docilement le bus avec le groupe. Eh bien on n’aurait pas dû ! Le poisson était froid et sec, les crevettes archi cuites et froides aussi, même le riz était froid. Quant à nos boissons, elles sont arrivées avec le dessert ! Alors pour finir sur une note plus positive, on demande au chauffeur de nous laisser dans le centre de Senggigi pour aller déguster une dernière pina colada.