De Liwa à Dubaï

Nous profitons encore ce matin de notre hôtel et de son emplacement exceptionnel au milieu des dunes : quad et piscine sous un beau soleil et déjà 30° le matin. Il a fallu que je signe une décharge pour qu’Axel ait le droit de conduire son propre quad. Il était heureux comme tout ! Désolée pour la qualité des photos de la GoPro mais c’est le seul appareil qu’on avait.

Après quelques courses, nous entamons la remontée vers le nord afin d’être à Dubaï en fin de journée. La traversée du désert réserve quelques surprises, comme la traversée de dromadaires après leur entrainement à la course, ou encore des arrêts de bus au milieu de nulle part.

En préparant ce voyage, j’ai cherché un lieu à visiter entre Liwa et Dubaï. Les villes c’est bien, mais nous on aime surtout les grands espaces et la rando. Le problème c’est que ce pays est quand même très désertique et que dans cette partie sud-ouest, il n’y a pas grand chose d’autre à voir que des dunes et des villes ! J’avais quand même repéré sur Google maps un endroit où il était signalé « fossil dunes ». Ça sonnait comme la promesse de formations rocheuses intéressantes…

Sauf qu’on n’a jamais trouvé ! Le gps donnait des indications approximatives qui nous envoyaient en dehors de la route mais il n’y avait pas de piste non plus. En cherchant, nous sommes tombés sur un camp d’entrainement de dromadaires de course.

En chemin, on s’est arrêtés sur l’île de Yas pour faire les magasins au Yas mall et acheter des chaussures à Axel. Et vers 17h30 nous sommes arrivés à Dubaï chez Manue et Stan, nos amis Dubaïotes.

Le Rub al Khali et Liwa

Le Rub al Khali est la plus grande étendue de sable au monde. 1 000 km de long sur 500 km de large, soit la moitié de la France avec que du sable et rien d’autre ! Il recouvre une grande partie de l’Arabie Saoudite et s’étend dans une moindre mesure sur le Yémen, le sultanat d’Oman et les Emirats Arabes Unis. Pour une fois, ce ne sont pas les EAU qui détiennent le record du monde des dunes les plus hautes mais la Namibie ! C’est Big Dady, dans le désert du Namib, qui serait la plus haute du monde avec plus de 350 mètres de haut alors que Moreeb dune en fait (que) 300.

Avant de quitter Abu Dhabi, nous faisons un tour sur Saadiyat island pour voir le Louvre Abu Dhabi, de l’extérieur seulement. Faute de temps, nous avons fait un choix entre le désert et le musée. Il faudra revenir pour le visiter. Mais déjà de l’extérieur, le bâtiment est impressionnant car il semble être entièrement posé dans la mer.

La partie du Rub al Khali que nous allons visiter se trouve au sud de l’émirat d’Abu Dhabi. La route pour s’y rendre est hyper monotone… un ruban d’asphalte, du sable et des lignes haute tension. La petite ville de Medinat Zayed surgit comme un mirage. C’est à une dizaine de kilomètres d’ici que se trouve notre hôtel de ce soir, le Tilal Liwa hotel. Un petit bijou où nous faisons une pause pour déjeuner (service hyper long !) et se rafraichir dans la piscine à débordement ouverte sur le désert. On a de la chance car nos chambres sont prêtes et on peut en bénéficier dès midi alors que le Check-in n’est normalement qu’à 15h. Et encore une fois nous sommes surclassés.

L’oasis de Liwa et la route des forts

Nous commençons par visiter les forts qui se trouvent tous à proximité de la route qui longe la bordure nord du Rub al Khali. Il y en a une dizaine mais ils se ressemblent tous un peu donc on se limite aux forts Mezaira’a et Dhafeer. Il n’y a pas trop d’infos au sujets de ces forts, je sais juste qu’ils ont été construits au XIXe siècle, probablement pour défendre l’oasis située à seulement 30 km de la frontière saoudienne. Un peu maigre comme explication historique mais ils sont mignons et offrent de jolies vues donc ils valent bien une petite visite.

Mezairaa fort

Pour la vidéo, il faut absolument mettre le son !

Plus on s’enfonce dans le désert, plus les arrêts photo se multiplient sur la route.

La dernière étape est pour la dune Moreeb : 300 mètres de haut et une pente de 50° sur l’une de ses faces. Je nous voyais déjà, tels Dupont et Dupond dans Tintin au pays de l’or noir, partir à l’assaut du désert avec un foulard sous notre chapeau… mais non, finalement on est restés en bas 🙂 La pente est trop raide et en plus ce n’est pas l’endroit le plus joli. Des barrières et infrastructures pour les courses de buggy et 4×4 gâchent le paysage !

Nous reprenons la route en sens inverse pour rentrer à l’hôtel. Finalement les paysages le long de cette route sont bien plus jolis que la zone de Moreeb dune.

Notre chambre ayant une terrasse qui donne sur le jardin et la piscine, on savoure un moment de détente avec une bière bien fraîche. Le dîner est un buffet à volonté plutôt pas mal avec plein de plats au choix, dont un vrai poulet biryani hyper pimenté !

Sossusvlei, Deadvlei et les plus hautes dunes du monde

Nous sommes venus (à Sossusvlei)

Nous avons vu (des paysages époustouflants)

Nous avons vaincu (les plus hautes dunes du monde)

Ben c’est hyper crevant !!!

Retour sur notre journée de guerriers :
Tels des soldats bien disciplinés, nous rejoignons les rangs de voitures en attente devant les grilles du parc dès potron minet. Levés à 5h10, les valises jetées dans le coffre du 4×4 et le petit-déj bien emballé par nos hôtes stocké dans le sac à dos, nous nous mettons en route vers le Namib-Naukluft park. Les grilles ouvrant au lever du soleil, une horde de voitures rugissantes s’engouffre comme un seul homme, à 6h45, sur la route vers Sossusvlei. Et nous avec.

La file d’attente à l’entrée :

La route de 60 km qui mène au fond du parc est asphaltée, ça roule bien et même bien plus vite que la vitesse autorisée ! On fait quelques arrêts photo au niveau de la dune 45 (située à 45 km de l’entrée) et ses voisines. Beaucoup de visiteurs choisissent de monter en haut de cette dune moins haute et plus près de l’entrée que celles du secteur de Sossusvlei.

Arrivés sur le parking, deux options s’offrent à nous : se garer et prendre une navette payante pour aller à Deadvlei et Sossusvlei, ou bien s’y rendre avec notre propre voiture. Laurent hésite. Il ne reste que 5 km à parcourir mais sur une piste de sable mou. Une berline est plantée dans le sable jusqu’à mi-roues moins de 10 mètres après le début de la piste… ça met tout de suite dans l’ambiance ! En même temps, même en mode 4×4 c’est chaud, alors en 2×4, faut être un peu utopiste (pour rester polie !) pour penser que ça va passer !

La personne qui nous a accueillis à l’aéroport nous a expliqué qu’il fallait dégonfler les pneus à 1,5 bars et comment s’en sortir si on s’ensablait. Alors Laurent décide finalement de tenter le coup mais sans dégonfler les pneus car nous n’avons pas de manomètre et personne sur le parking ne semble en posséder. Par endroits, le sable est vraiment mou et les traces sont profondes. On se croirait dans le Paris-Dakar 🙂 On est secoués. Laurent essaie de suivre les traces déjà faites par les voitures précédentes et on avance jusqu’au moment où, en voulant rétrograder pour reprendre un peu de vitesse, la voiture cale et… on s’ensable légèrement en voulant repartir. Laurent applique les conseils qu’on lui a donnés et, en boîte courte, il s’en sort nickel !

Au bout de la piste de sable, nous atteignons le Paradis ! Que c’est beau !

Deux dunes les plus hautes du monde nous dominent. L’une, surnommée Big Daddy – la plus haute, environ 350 mètres – est bondée de monde ; l’autre, surnommée Big Mama, est beaucoup moins plébiscitée. C’est sur cette dernière que nous jetons notre dévolu. Une famille de quatre est en train de monter pendant que nous prenons notre petit-déj entourés d’oiseaux voraces qui guettent nos miettes. Le temps qu’on se mettent en route, ils descendent déjà et nous avons la dune rien que pour nous. Trop bien !

On monte tranquillement, chacun à son rythme. C’est à dire que j’arrive 5 bonnes minutes après les garçons ! Voyez, ils sont déjà au sommet alors qu’il me reste encore un bout de chemin à faire !

Le panorama est époustouflant ! On voit Big Daddy et, à son pied, Deadvlei, le fameux salar (désert de sel et d’argile) avec ses arbres morts où nous irons ensuite.

Au pied de Big mama, c’est Sossusvlei, un autre salar.

Après avoir rempli les appareils photo, on dévale la pente en courant en direction de Sossusvlei. Léo et Axel s’en donnent à cœur joie.

Autant vous dire que le vidage des chaussures est obligatoire en arrivant en bas !

Nous reprenons la voiture jusqu’au parking de Deadvlei (Laurent maîtrise trop bien la conduite dans le sable maintenant !). Là c’est les Champs-Elysées ! Il y a un monde fou alors qu’il n’y avait presque personne à Sossusvlei. C’est que Deadvlei est l’un des sites touristiques les plus visités de Namibie alors c’est la rançon du succès. Cela ne nous empêche pas de profiter nous aussi de la beauté du site en plaignant les touristes qui entreprennent l’ascension de Big Daddy en pleine chaleur. Parce qu’autant ça caillait ce matin (12°), autant vers 11h il fait bien chaud et ils doivent bien galérer.

Les contrastes sont saisissants entre le blanc immaculé du sol, le brun des arbres, l’orange des dunes et le bleu du ciel. Les salars de Sossusvlei et Deadvlei sont la conséquence de l’assèchement d’anciens marais créés par la rivière Tsauchab. Les dunes ont fini par empêcher l’arrivée d’eau, les arbres se sont desséchés et le sel s’est déposé sur l’argile, constituant ce sol tout blanc.

On pique-nique avec une vue 4 étoiles sur les dunes, puis on reprend la piste de sable pour repartir vers notre prochaine étape : Rostock Ritz Desert Lodge. Sur le retour, on s’ensable encore légèrement mais le passage en boîte courte nous sauve à nouveau. En fait, le mode 4×4 ne suffit pas, il faut se mettre en boîte courte en gardant une vitesse constante et ça passe tranquilou même sans dégonfler les pneus.

Sur la route, on voit des cercles de fée. C’est un phénomène naturel inexpliqué qui consiste en des cercles parfaits, vierges de végétation au centre et avec une végétation plus haute que celle environnante sur le pourtour. Nous faisons une brève étape à Solitaire, un mini village au milieu de nulle part aux airs de Bagdad Café.

Notre étape du soir, le Rostock Ritz Desert Lodge est super sympa. En plus on nous surclasse et on se voit attribuer la chambre honeymoon avec une belle terrasse qui donne sur la savane.

Le lodge recueille des suricates orphelins ou abandonnés par des particuliers. Ils sont trop mimis ! En revanche on est surpris par leur taille car on pensait qu’un suricate mesurait dans les 40 / 50 cm debout alors qu’ils doivent faire à peine plus de 20 cm.

Eh oh, c’est par là qu’il faut regarder ! Le soleil se couche sur les bungalows tout ronds du Rostock Ritz (les nôtres sont les deux derniers à gauche).

Ce soir, on teste le steak d’oryx. C’est très bon mais pas autant que le steak de koudou du Lapa Lange.

Le désert du Namib c’est par où ? Suivez la dune !

Premiers pas sur la dune.

Nous quittons le Lapa Lange Game Lodge vers 8h15 et mettons le cap à l’ouest, direction le Namib-Naukluft park. Jusqu’à Maltahöhe, nous roulons à bonne vitesse sur une route asphaltée limitée à 120 km/h. Après Maltahöhe, la route devient piste, pas terrible au début puis plus roulante. Nous voyons plein de nids de républicains sociaux sur le bord de la route. Ces petits oiseaux, endémiques du sud de l’Afrique, fabriquent leurs nids en les agglomérant les uns aux autres. Cela fait des nids collectifs énormes qui peuvent faire rompre les branches tant leur poids devient conséquent.

Du côté de Zaris pass, les paysages deviennent intéressants.

Nous bifurquons sur la D845 et après quelques centaines de mètres, nous tombons sur un petit troupeau d’oryx en train de traverser la piste.

Ensuite, la C27 longe les dunes du désert du Namib. Nous touchons au but mais les 40 derniers kilomètres nous semblent très longs car la piste est de la vraie tôle ondulée. On est secoués comme des pruniers ! Après 4 heures de route, nous arrivons enfin à Sesriem où nous pique-niquons.

Le tri sélectif à la mode africaine (avec un nid de républicains sociaux dans l’arbre) :

Nous achetons le permis pour 2 jours et entrons dans le parc pour aller en haut de la dune Elim, la plus proche de l’entrée.
On grimpe, on se remplit les chaussures de sable orange, les garçons cavalent en tête et j’essaie de les suivre ! Pfiou c’est dur de marcher dans le sable mou ! Heureusement, le paysage est souvent prétexte à faire une pause photo qui permet de récupérer un peu de souffle en même temps. Et avec la lumière dorée de fin d’après-midi, c’est somptueux.

Tiens d’ailleurs, un oryx est en route vers le sommet de la dune pour se mettre au frais pour la nuit. Pause photo !

C’est chouette, on voit les hautes dunes situées au fond du parc. Pause photo !

Ah et de l’autre côté on a une belle vue sur les montagnes du Naukluft et la savane. Pause photo !

Je suis obligée de vider mes chaussures à plusieurs reprises car au bout d’un moment, je n’ai plus de place pour mes pieds tellement elles sont remplies de sable !

Après 2 heures de « balade » sur la dune, nous reprenons la route pour rejoindre Weltevrede guestfarm où nous arrivons juste au coucher du soleil. Le dîner est servi à heure fixe ; à 18h30 on nous sert l’entrée, puis nous nous servons au buffet. Ce soir, c’est lasagnes de springbok. Délicieux ! En fin de repas, les serveuses entonnent quelques chansons Namas qui contiennent 4 kliks différents. Vous savez, les kliks comme les Bushmen des Dieux sont tombés sur la tête !

On se couche à 20h30 (pas grand chose d’autre à faire de toute façon !). Demain on se lève avant l’aube pour être à la porte d’entrée du parc qui ouvre au lever du soleil, à 6h45.

Kalahari, sable rouge et savane

Safari dans le Kalahari

J’imaginais le désert du Kalahari comme une étendue de dunes rouges parsemées d’herbes jaunes. En réalité c’est l’inverse : du bush assez plat sous lequel on devine du sable rouge.

Ce matin, nous prenons le temps. On avait besoin de repos après le boulot et le long voyage en avion. On se lève tranquillement un peu avant 8h. Moi je me suis déjà levée à 6h30 pour voir le soleil se lever (c’est beauuuu sur la savane et le plan d’eau) mais je me suis recouchée ensuite.

Notre chalet

Dans la matinée, nous partons explorer la réserve privée du Lodge à pied. Il y a 3 sentiers de 2,2 km à 11,5 km. Comme nous sommes super courageux en ce début de séjour, nous choisissons celui de 2 km ! Ben quoi, il fait chaud et il faut se préserver pour les prochains jours. Nous voyons des antilopes (j’ai pas encore bien capté les différences donc je ne sais pas trop quelles races c’est), des autruches et trois girafes. Pour un début on est plutôt satisfait. C’est vraiment chouette de pouvoir accéder à la réserve en autonomie et de croiser des girafes alors qu’on est à pied à quelques mètres d’elles.

En début d’après-midi, un guide du Lodge nous emmène dans un grand enclos où vivent trois guépards. Il y en a deux autres dans un second enclos qui sont plus sauvages et agressifs. Comme partout où on peut en voir en captivité en Namibie, ils sont là parce qu’ils ont été recueillis blessés ou orphelins. Ces trois-là sont de gros chats qui ronronnent quand on s’approche ! Vrai de vrai, ils ronronnent et nous lèchent les mains ! On passe environ 45 minutes, juste nous quatre avec eux, à leur gratouiller la tête et à les photographier sous tous les angles. Ils sont captivants.

Léo est à l’aise mais Axel garde ses distances…

Personnellement, je suis sceptique sur le bien fondé de la démarche de ces lodges. Je crains qu’ils ne fassent passer l’intérêt économique avant la protection des espèces. Toutefois, les guépards du Lapa Lange ont l’air en bonne santé et le prix dérisoire que nous avons payé doit tout juste suffire à régler les frais de vétérinaire et la nourriture. Pas de quoi s’enrichir. Le guide nous a dit que le vétérinaire était passé récemment, on peut donc supposer qu’ils sont bien soignés. Ayant perdu leur instinct sauvage, ils ne peuvent de toute façon pas être relâchés car ils mourraient. Alors finalement, ils ne sont peut-être pas si malheureux ici, dans leurs grands enclos.

A 15h30, nous suivons un autre guide qui nous emmène, avec un énorme pick up surélevé, dans la réserve pour un safari (ici on dit un game drive). Et là on enchaine les rencontres : 3 girafes avec un girafon, des gnous noirs, des gnous bleus (en fait ils sont gris !), des springboks, des bubales, 2 rhinocéros blancs (en fait ils sont gris aussi !), des autruches et même des œufs, une sorte de chien sauvage tacheté que le guide n’a pas vu donc on ne sait pas ce que c’est !

Avant que le soleil ne disparaisse pour la nuit, on s’arrête et notre guide sort une table, une nappe blanche, des boissons et gâteaux apéro pour contempler le coucher du soleil comme il se doit. Une tradition qu’on trouve très sympa et qu’on serait tenté d’adopter !

Si la suite du voyage est aussi excitante que cette première journée de visite, ça promet…